Message de soutien aux collègues de l’Université Laurentienne à Sudbury
Communiqué de l’APFUCC
Le 23 avril 2021
Message de soutien aux collègues de l’Université Laurentienne à Sudbury dans le nord de l’Ontario, Canada, face à la suppression de programmes de langue française et aux licenciements massifs.
L’Université Laurentienne à Sudbury dans le nord de l’Ontario, Canada, vient de supprimer 28 programmes de langue française soit le tiers de ses programmes francophones, pour des raisons financières.
– La totalité du personnel des départements d’études françaises et de philosophie de la Laurentienne a été licenciée.
– D’autres départements, comme celui d’économie, ont été réduits de moitié.
– Des programmes francophones aussi variés et importants que « Soins infirmiers », « Sage-femme » (le seul de ce type dans le nord de l’Ontario), « Théâtre », « Droit et politique » et bien d’autres encore ont été fermés avant la fin de la session universitaire.
« Le département de français de septembre 1960 était non seulement un des départements fondateurs de l’Université Laurentienne, mais était aussi l’héritier d’une longue tradition de l’enseignement du français (sous toutes ses formes) dans le nord de l’Ontario que l’on peut faire remonter jusqu’à la création du Collège du Sacré-Cœur en 1913. […] À la fondation de l’Université Laurentienne, le Département de français (aujourd’hui Département d’études françaises) y jouait un rôle central puisque le baccalauréat comportait des matières obligatoires comme anglais, français, philosophie, histoire et une science. Les classes étaient bien fournies, tant en français qu’en french. Le département était aussi au centre de la vie culturelle sur le campus et dans la collectivité. Organisation de spectacles boite à chansons (Vigneault, Ferland, Pauline Julien, Félix Leclerc), projection de films, pièces de théâtre. Ce fut le lieu où ont percolé les idées nouvelles qui ont donné naissance à la révolution culturelle franco-ontarienne : le TNO [Théâtre du Nouvel-Ontario], CANO [Groupe musical], Prise de parole [Maison d’édition], La Nuit sur l’étang [Festival de musique]. (source : Pascal Sabourin, professeur émérite, Département d’études françaises, bachelier ès Arts (Français) de la dernière promotion de l’Université Sudbury en juin 1960). » (Facebook, Département d’études françaises à la Laurentienne, 26 février 2021)
Le 17 avril 2021, sur sa page Facebook, le Département d’études françaises a partagé ce message :
« Nous avons le regret d’informer notre chère population étudiante, notre cher peuple franco-ontarien ainsi que notre cher peuple canadien-français que les gouvernants de l’Université Laurentienne ont décidé de mettre la hache dans le cœur de la francophonie laurentienne en fermant le Département d’études françaises et ses programmes de Sciences du langage et de Littérature et culture francophones et en mettant à pied tous ses professeurs (-1) qui ont donné des décennies de services loyaux à l’Université et à plusieurs générations de jeunes Franco-Ontariennes et Franco-Ontariens. Le berceau de la langue et de la culture franco-ontariennes a été condamné à mort d’un trait de crayon après 60 ans d’existence. Plus de soixante autres programmes et départements et plus de 100 autres professeurs ont subi le même sort qu’ont subi le Département d’études françaises, ses programmes et ses professeurs-chercheurs. »
Cette restructuration sans merci, qui efface d’un coup des années de travail, d’engagement et d’enthousiasme à faire rayonner la culture francophone dans cette région culturellement dynamique de la province de l’Ontario, nous révolte et nous attriste à la fois.
Nous pensons sincèrement à nos collègues, certains membres de l’APFUCC, aux membres du personnel et aux étudiant.e.s qui vivent des moments très difficiles en pleine période pandémique intense en Ontario. Plus que jamais, l’APFUCC se tient à leurs côtés et soutient également tous les membres de la communauté francophone du nord de l’Ontario.
Nous souhaitons qu’une solution durable, comme le transfert des programmes en français vers l’Université de Sudbury, trouve sa place dans les discussions à venir. Il nous semble capital que les programmes francophones continuent d’exister en Ontario afin d’assurer la pérennité de l’enseignement supérieur en langue française et de répondre ainsi aux besoins de nombreux étudiants francophones et francophiles de la région.
Solidaires, nous sommes.
Valérie Dusaillant-Fernandes, Présidente de l’APFUCC
Au nom du Bureau et du Conseil d’administration de l’APFUCC